Bimo : ce n’est pas du gâteau
Par : Farida L. Le : mercredi 01 mars 2006
Un préjudice évalué à 11 millions d’euros si les exportations de beurre de cacao venaient à cesser
La commission technique de suivi de la mise en œuvre de la zone de libre-échange entre l’Algérie, la Communauté européenne et ses Etats membres créée le 31 octobre dernier par décision du ministre du Commerce dans le but de vulgariser le contenu des dispositions de l’Accord d’association travaille actuellement sur l’examen de deux requêtes présentées par deux opérateurs privés, en l’occurrence M. Issad Rebrab, patron de Cévital concernant la filière sucre et le patron de Bimo relatif à l’importation du cacao. Rappelons que ladite commission présidée par la chambre algérienne de commerce, organise des rencontres régulières avec les opérateurs économiques afin d’examiner leurs requêtes liées à la mise en œuvre du régime des préférences tarifaires dans le cadre des dispositions de cet accord.
M. Kadri coordinateur au sein de la commission de suivi nous explique que la requête présentée par le patron de la biscuiterie Bimo concerne l’exonération des tarifs douaniers relative à l’importation du Cacao. Bimo importe du cacao pour le transformer en poudre et en beurre de cacao, ce dernier est exporté vers les pays d’Europe. En trois ans, Bimo a exporté pour 11 millions d’euros de beurre de cacao. Une production qui risque de disparaître si les pouvoirs publics n’étudient pas sa requête concernant le rétablissement des tarifs douaniers concernant ce produit. Bimo qui se plaint en effet de la suppression de ces droits qui a ouvert la voie à un nombre important d’opérateurs qui se sont rués vers l’importation de la poudre de cacao afin de profiter de cette exonération. Du coup Bimo n’arrive plus à écouler sa production de poudre de cacao et par conséquent il lui est impossible de produire et d’exporter la même quantité de beurre de cacao. Actuellement, cet opérateur enregistre un surstockage de la poudre de cacao et sa production de beurre est très faible. Cette situation risque de lui faire perdre l’équivalent de 11 millions d’euros si les exportations de ce produit venaient à s’interrompre. M. Kadri nous informe que la requête de Bimo est défendable et qu’elle a été soumise aux autorités concernées.
Signalons que l’accord d’association avec l’Union européenne dispose d’une clause qui stipule que certaines dispositions peuvent être revues et révisées au cas où celles-ci nuiraient à l’économie nationale car il s’agit d’une situation qui bloque les exportations. Affaire à suivre…